16 décembre 2016 Vigneron

MICHEL DOVAZ : "SANS VERTU, UN VIGNERON NE PEUT FAIRE UN GRAND VIN."

Extrait de l'entretien de Michel Dovaz réalisé par le magazine Vigneron. Michel Dovaz est considéré comme le doyen des journalistes du vin en France, longtemps collaborateur de la RVF, écrivain, homme à l'expérience unique, Michel Dovaz fait dans cet article un état des lieux du vin. 

- "Dans les années 1970, comment était le monde du vin ?" 

- "En 1970 la récolte avait été abondante à Bordeaux. Les rendements d'aujourd'hui auraient fait rigoler les propriétaires d'antan. Le marché mondial les a contraints à changer même s'ils n'en avaient pas envie. Quoiqu'il en soit, ils étaient en constante progression malgré la sinusoïde des crises. On commençait à faire des carottages pour savoir ce qui manquait à la vigne, l'influence d'Emile Peynaud a été essentielle, il travaillait le terrain depuis des années. Il ne faut jamais oublier qu'il y avait des vins rouges qui ne faisaient pas leur "malo" parce qu'on ne savait pas ! Peynaud a mis tout ça au carré. Les négociants ont adapté leur métier aux nouvelles conditions imposées par la mise en bouteille à la propriété. Aujourd'hui cette logique de progression perdure partout à Bordeaux, tout le monde a compris.  

Prenons Pédesclaux par exemple : au départ un petit cru, certes bien placé quand on voit son voisinage, mais c'est inimaginable de constater ce qu'il est devenu ! Une cuve par parcelle, etc., c'est génial, c'est ça qu'il faut faire. Même chose à Cheval Blanc, quelle intelligence !"